Dec
01
2008

Choisir d’agir en vert Partie 3_Recyclage

istock verre brise Choisir dagir en vert Partie 3 Recyclage

 

 

 

 

Qui, selon vous, a un meilleur comportement environnemental ?

 

Marie qui recycle 25% du total de ses ordures par mois ou Benoît qui recycle 50% du total de ses ordures par mois ?

 

®    Réponse : Benoît

 

Vous trouvez l’exemple simpliste ? Vous avez raison. Supposons qu’en fait, Marie recycle 1 sac sur 4 sacs et que Benoît recycle 3 sacs sur 6 sacs.

 

®    Réponse : Marie. Bien qu’ils produisent tout deux la même quantité de déchets voués à l’élimination, soit 3 sacs, Benoît insère quand même 3 fois plus de matière que Marie dans le processus de collecte sélective.

 

Mais est-ce réellement aussi simple de juger de leur valeur sur la balance environnementale ? Il y a beaucoup d’autres facteurs à prendre en compte pour avoir une idée plus claire de l’impact réel de l’ensemble de leurs actions. Que penser maintenant si nous savons que Marie ne nettoie rien du contenu de son bac de recyclage, mais que Benoît nettoie tout le contenu de son bac de recyclage ?

 

®    Réponse 1: Benoît. Ne pas nettoyer le contenu de son bac nuit de plusieurs manières à l’efficacité du processus de recyclage. Premièrement, les articles souillés par la nourriture contaminent les autres articles et sont en grande partie éliminés directement au centre de tri et envoyés à l’élimination. Les articles souillés qui échappent à ce contrôle augmentent par ailleurs la complexité de nettoyage des diverses matières récupérées par les entreprises de recyclage et par conséquent leur prix de revente.

®    Réponse 2 : Marie. Certains diront que l’eau dépensée à laver les articles souillés est un pur gaspillage. Dans un certain sens, c’est logique. Par contre, si nous utilisons la même eau que celle utilisée pour laver notre vaisselle quotidienne, alors l’argument ne tient plus.

 

Quoi qu’il en soit, pour la plupart, nous sommes un peu comme Marie et un peu comme Benoît, avec nos forces et nos faiblesses, nos bons coups et nos limites. Chacun y va selon ses propres capacités, à son rythme. Mais il y a aussi les autres, ceux  qui mettent leurs bouteilles de bière vides au recyclage, pire, qui jettent leurs ordures au recyclage quand il n’y plus de place dans leur bac à déchets.  Ces gens vous diront spontanément : «Moi je ne recycle pas parce que cela ne change rien».

 

Il est vrai que la gestion du recyclage pose une série de défis à relever par l’implication d’une multitude d’intervenants. Bien qu’il soit utopique de croire que tout est parfait, les solutions se multiplient.

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Domestique versus ICI

 

La part des déchets domestiques est inférieure à celle produite par les industries, les commerces et les institutions (ICI). Donc on pourrait effectivement penser que nos gestes sont insignifiants par rapport à la quantité globale de matières résiduelles potentiellement recyclables qui échappent au  processus et qui sont dirigées directement vers l’élimination.

 

Que pensez-vous qu’il arrive à la bouteille de vin ou à la canette de boisson gazeuse que vous consommez au restaurant ? Elles aboutissent à la poubelle dans une très, très large majorité. Vous aurez compris que la plus grande barrière est d’ordre économique. Mais malgré une bonne volonté, ce sont aussi des considérations de logistique interne ou encore d’infrastructure de cueillette sélective qui posent problème.  Par contre, sachez que ces problématiques sont identifiées et que des solutions sont recherchées activement. C’est dans un but de sensibilisation que des certifications environnementales ont vu le jour, comme celles-ci :

 

Appellation V commerce vert est un programme de certification environnementale gratuit pour les petits commerces de 50 employés et moins, inspiré du modèle ISO 14001 de l’Organisation internationale de normalisation.

 

ICI ON RECYCLE ! de RECYC-QUÉBEC L’attestation de performance est une reconnaissance officielle du gouvernement du Québec. Son obtention permet aux lauréats d’afficher publiquement leurs accomplissements et leur engagement en faveur de l’environnement.

 

Le succès de ces initiatives repose sur la base de l’engagement volontaire des participants. Une législation obligeant les industries, commerces et institutions (ICI) à recycler leurs matières résiduelles ferait certainement avancer les choses plus rapidement, mais demanderait aussi une gestion importante pour le suivi de son application. Un premier pas législatif a été fait avec l’adoption en 2002 du projet de Loi 102. Ce projet de loi 102 amende la Loi québécoise sur l’environnement et établit les principes généraux relatifs au régime de compensation. Il crée une obligation légale pour les entreprises assujetties de compenser financièrement les municipalités jusqu’à concurrence de 50 % des coûts nets des services municipaux de collecte sélective. Pour ce faire, elles doivent se regrouper au sein d’un ou plusieurs organismes agréés, qui devront recueillir les sommes déterminées et les remettre à RECYC-QUÉBEC en fiducie. Éco Entreprises Québec (ÉEQ) est un exemple de ce type de regroupement.

 

Éco Entreprises Québec (ÉEQ) Organisme privé sans but lucratif, ÉEQ a été créé en 2003 et agréé en juin 2005 pour représenter les entreprises assujetties à la Loi sur la qualité de l’environnement qui mettent sur le marché québécois des “contenants et emballages” et des “imprimés”.

 

La table pour la récupération hors foyer est un organisme à but non lucratif composé de partenaires des secteurs public, privé et associatif ayant comme objectif commun l’optimisation des performances de la récupération des matières recyclables consommées hors foyer.

 

On se sent un peu moins seuls à ramer.

 

La demande  

 

Toutefois, à l’heure actuelle, le recyclage n’est pas rentable. L’offre constante actuelle dépasse déjà la demande. Il ne suffit pas seulement d’augmenter la proportion de matières recyclées, il faut aussi trouver des preneurs et idéalement des preneurs locaux pour limiter l’impact négatif du transport. Pour ce faire, il faut trouver de nouvelles utilisations pour la matière recyclée, mais aussi améliorer sa qualité pour augmenter son attrait, tout en limitant les coûts, l’énergie et la production de déchets suite à sa production. Encore là, les préoccupations sont nombreuses, mais la situation évolue.

 

L’état subventionne des programmes pour l’amélioration de l’efficacité des opérations des centres de tri et des chaires universitaires pour la recherche de nouvelles applications sont constituées.  

 

Le recyclage n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un moyen parmi d’autres pour diminuer la quantité de déchets autrement condamnés à l’élimination par enfouissement ou par incinération. La réduction à la source et le réemploi sont deux mesures indiscutablement plus efficaces que le recyclage, ce que le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) prône également.

 

De plus, la gestion des matières résiduelles n’est qu’un des aspects dont l’on doit tenir compte pour respecter l’environnement. La gestion de l’eau, le niveau d’émission de gaz carboniques sont d’autres facettes de cet enjeu immense et complexe. La partie n’est pas gagnée mais nous avons quand même réussi à envoyer un homme sur la lune alors rien n’est impossible. Il s’agit de ne pas perdre trop de temps à se lancer la patate chaude. Faisons chacun nos efforts.

 

En complément de lecture, je vous suggère de consulter les grandes lignes de La politique québécoise des matières résiduelles 1998-2008 ainsi que le

 

Bilan 2006 sur la gestion des matières résiduelles.

 

 

 

Articles précédents

 

Choisir d’agir en vert. Partie 1 : Réduction à la source des matières résiduelles

 

Choisir d’agir en vert. Partie 2 : Réutilisation

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